10 mai deuxième étape de Chartres à Illiers Combray

 

Nous prenons un bus pour Barjouville afin d'éviter la sortie de Chartres, puis continuons à pied vers Thivars, Fontenay sur Eure et Bailleau le Pin. 

Le chemin contourne largement Illiers par les nord pour descendre vers le Loir que nous longeons jusqu'à, Illiers. 

Un grand chemin à la sortie de Bailleau le Pin… mais avec un fort vent de face.
Dernière plaine de blé avant de rejoindre la vallée du Loir.
Le Loir en amont d'Illiers
La très belle voute de l'église Saint Jacques d'Illiers Combray.
   
   

Un couple de Hombières, Béatrice et Dominique, vient de s'élancer dans un grand voyage pédestre.

Nous vous proposons de les suivre au travers de leur périple qui les mènera jusqu'au Mont Saint Michel au travers de différentes étapes.

La première photo date du dimanche 8 Mai veille du départ. Nous retrouverons toutes ces étapes dans le bulletin municipal 2022.  

 

Étape du jour (9 Mai). Voici un aperçu de notre première étape qui nous a conduit de Hombières à Chartres. 

Nous avons traversé les champs de la plaine, les bois et les carrières de Berchères puis les bords de l'Eure à l'arrivée. 

Couleur et parfum des colzas sous le soleil Le balisage que nous suivrons jusqu'au Mont St. Michel
Les vestiges des carrières de Berchères.  Le parvis de la cathédrale : fin de l'étape

Il était une fois Beauvilliers (2) 27/10/2019

Vous avez dit blason ? 06/01/2019

Références web de l'article “Mairie interactive” de janvier 2019 (portant sur les “Fake News”)

 

Cet article permet de compléter les réponses au quiz du bulletin municipal. Les réponses sont en vert. Cette année, ce sont les monuments et les noms d’une rue de Beauvilliers qui font l’objet de questions. Le hameau Mauloup, dans la page suivante du bulletin, est le premier d’une liste qui va se développer dans les années à venir. Il ne fait pas partie du quiz, puisqu’il n’y a pas de réponse définitive et que les connaissances des Beauvilloises et des Beauvillois sont requises.

Mais revenons à notre questionnaire annuel.
Notre village a la particularité de posséder trois monuments aux morts. Pour les cérémonies du 11 novembre et du 8 mai, c’est celui du parvis de l’église qui est fleuri.

 Plus curieux, compte tenu de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, une plaque commémorative se trouve sur les murs à l’intérieur de l’église de Beauvilliers, avec des noms de soldats morts lors des deux dernières guerres, ainsi que celui d’Éric Arondeau, tombé en 1970 et pour qui a été organisée une cérémonie samedi 10 octobre cette année.
Les églises font partie du patrimoine communal, aussi n’est-il pas anticonstitutionnel de trouver cette plaque dans l’enceinte de ce lieu. Toutefois, cela peut paraître inhabituel.

Devant le cimetière, le monument aux morts, « au mort », devrait-on écrire, est dressé à la mémoire du jeune Caporal Louis Heimann, tué au cours d'un accident aérien, en passant une épreuve du brevet de pilote militaire. Son avion s'est écrasé près de la gare d’Allones - Boisville-la-Saint-Père, au nord de Beauvilliers le 30 septembre 1915, ce qui explique qu’il soit enterré dans notre commune. Louis Heimann  était né à Paris, il était élève pilote de l'école d'aviation militaire de Chartres, il ne faisait pas partie des enfants de Beauvilliers morts pour la France, qui figurent sur les monuments du village.

 De nombreuses maisons, édifices, comme par exemple l’église ou la mairie de Beauvilliers, sont en pierres recouvertes d’un crépi ou d’un enduit beige rosé. Cette couleur se retrouve dans des habitations bien au-delà de Beauvilliers. Des maçons l’appellent le « rose de Chartres ». Il s’agit d’une coutume romaine qui consistait à piler de la brique dans l’enduit qui scellait les pierres et donnait cette couleur à l’ensemble de la maison.

Les rues, impasses et places de Beauvilliers ont des noms souvent très explicites. La rue de Paris  dans le bourg de Beauvilliers, autrefois appelée tout simplement « la grande rue », la rue de Chartres (Mauloup) ou d’Orléans (Villereau) indiquent une direction vers une grande ville. Ces noms sont réservés aujourd’hui à des agglomérations importantes. Autrefois, presque toutes les rues portaient les noms des villages proches, rue de Voves, chemin d’Allonnes, de Boisville… Notons que parallèlement à la Grande Rue, on peut trouver aujourd’hui à Mauloup, la Rue Courte dont le nom est assez explicite… Deux directions, Nord et Midi, dans les hameaux, (Vieil Allonnes et Mauloup) correspondent bien à un axe Nord-Sud. La rue de Beauce, à Hombière, referme la liste des rues liées à la géographie.

Les rues de l’Arche, du Pont, du Château, (et Grande cour) racontent les constructions passées. Les rues de la Sablonnière ou les Carrières donnent une bonne idée des ressources du village. Comme dans de nombreux lieux, les fleurs et les arbres prennent une place importante, les Acacias, les Lilas, les Roses, les Saules, les Tilleuls ou les Troènes représentent une large part de noms de rues. Classiquement, on trouve aussi une date, le 19 mars 1962, fin de la guerre d’Algérie, il serait intéressant de savoir ce qui a présidé au choix de cette date, des anciens combattants ? Des hommes impliqués dans cette guerre d’indépendance ?

D’autres noms sont moins explicites, plus spécifiques à notre commune. Les rues de Bissay, Villeneuve la Vierge, sont attachées à des fermes, et portent des noms dont on peut retrouver l’origine, mais qui n’ont pas de signification propre.  Bissay pourrait trouver son origine dans buis ou buisson (Busseium en 1200). Villeneuve la Vierge, composée de deux noms aisément compréhensibles, est cependant plus complexe qu’elle n’en a l’air, vierge pouvant être entendu comme une terre non encore cultivée, ce qui complète l’idée d’une « villeneuve » ou « villa nova », la traduction de villa étant plus proche de ferme que de ville. Ou bien, la proximité de Chartres et de sa cathédrale Notre Dame, peut faire penser à une interprétation plus religieuse. Notons que Mésangeon est également une ferme de Beauvilliers, qui s’apparente à un lieu-dit, mais qui n’a pas donné son nom à la rue où elle est sise. Mésangeon provient très probablement de mésange, mais peut-être du nom d’un ancien propriétaire.

D’autres noms méritent que l’on s’y attarde, la Place du Bouriteau à Mauloup et la Rue de la Croix Rouge à Vieil Allonnes. Ces rues feront l’objet d’un autre article car leur histoire est certainement connue d’anciens et il serait sage de bien prouver l’origine de ces noms, les renseignements actuels étant très divers.

Reste notre rue du Docteur Lemercier, à Vieil-Allonnes. Il existe peu de renseignements sur ce médecin pharmacien exerçant à Voves. C’est dans l’inventaire des noms du patrimoine communal (ouvrage présent dans la bibliothèque de la mairie) que l’on trouve la trace de cet élu municipal de Voves, conseiller d’arrondissement, qui dès 1900, prônait la modernisation des campagnes (éclairage public à l’acétylène, alimentation en eau potable).  Son nom n’est cependant pas passé à la postérité. C’est grâce à la mobilisation d’un secrétaire de mairie-instituteur, aidé des conseillers municipaux, des employés de mairie, des bibliothécaires et des enseignants que ces noms oubliés refont surface.

La dernière question du quizz porte sur un monogramme présent à deux endroits différents de l’église. Il s’agit des lettres A et M entremêlées, qui représentent les mots Ave Maria. Pour corroborer cette proposition, notons que sur le vitrail où figure ce dessin, on trouve une autre signature, IHS, issu du mot grec IHΣOYΣ qui signifie Jésus ou, selon diverses traductions latines peut aussi bien signifier « IN HOC SIGNO VINCES » (par ce signe tu vaincras) pour l’empereur Constantin, ou « IESUS, HOMINUM SALVATOR » (Jésus, sauveur des hommes), « IESUM HABEMUS SOCIUM » (nous avons Jésus pour compagnon) ou encore « IESUS, HOMO, SALVATOR" (Jésus, Homme, Sauveur), expressions trouvées dans de nombreux textes latins.

La présence de ces deux dessins côte à côte sur le vitrail permettent cette interprétation de l’entrelacement des lettres A et M. Notons que le même monogramme était celui de Marie-Antoinette, mais il semblerait qu’elle n’ait pas été une paroissienne régulière de l’église de Saint Martin de Beauvilliers…

 



Cet article permet de compléter les réponses au quiz du bulletin municipal. Les réponses sont en vert. Cette année, c’est sur Paul de Beauvilliers, duc de Saint Aignan, que porte le questionnaire.

À dire vrai, il y a peu de rapports entre Paul et le village de Beauvilliers. C’est Herbert de Beauvilliers, au XIème siècle, chevalier et seigneur de Beauvilliers, Maleloup et Vieux Allones qui donne ce nom à sa lignée, mais celle-ci, par les différents mariages et mutations, s’éloigne du lieu tout en gardant le nom. Celui-ci s’éteindra en 1828 avec Charles-Paul-François de Beauvilliers, pair de France, qui meurt sans descendance. 

Si notre village n’a pas réellement connu celui qui porte son nom, il n’empêche que le rayonnement de ce personnage est suffisamment important pour qu’il rejaillisse sur notre petite commune. Le blason avec ses « merlettes de gueule » trône sur le chapiteau de l’hôtel de Saint Aignan (autre titre de Paul) dans le Marais, à Paris, abritant le musée du judaïsme à l’initiative de Jacques Chirac en 1998, on le trouve également dans la priorale Saint-Laurent à Palluau. (voir l’accompagnement du quizz de 2018)

 

Paul de Beauvilliers était en effet un homme important et influent sous le règne de Louis XIV. Ce premier gentilhomme de la cour, conseiller royal des finances, faisait partie des pieux et austères personnages qui entouraient le roi et s’opposait aux frivolités de l’époque. Sa piété et son puritanisme n’étaient sûrement pas étrangers à ses premières années, où il fut abbé de Saint-Pierre de Châlon sur Marne, recevant cette charge de son père. Il était également plutôt pacifiste dans cette époque de guerres européennes.

C’est cette rigueur morale qui a fait de lui le gouverneur des trois petits fils de Louis XIV, le duc de Bourgogne, le duc de Berry et le duc d’Anjou.

Ce dernier, devenu roi d’Espagne sous le nom de Philippe V, lui octroya le titre de « grand d’Espagne », titre qu’il légua à tous ses descendants. 

Sur la vie privée de Paul de Beauvilliers, les documents historiques, comme souvent, divergent un peu. Paul de Beauvilliers épousa la fille du grand Colbert, Henriette-Louise Colbert, avec qui il eut « entre » 10  et 13 enfants, selon les sources, dont 7 ou 8 filles. Il est probable que certains enfants n’aient pas vécu suffisamment longtemps pour qu’on ait gardé trace de leur passage sur terre. Presque toutes les filles devinrent religieuses, l’une d’elles, Geneviève, resta auprès de son père jusqu’à sa mort, une seule, Marie-Henriette, se maria. Elle épousa Louis de Rochechouart, duc de Mortemart en 1703. Mais ni lui, ni aucun de ses fils, morts trop jeunes, n’héritèrent du titre de duc de Beauvilliers. C’est son demi-frère, Paul Hippolyte qui reçut le duché. En revanche, Louis de Rochechouart reçut de son beau-père la charge de premier gentilhomme de la cour.

8 ou même 7 filles, c’est beaucoup. L’ami fidèle de Paul de Beauvilliers, François Salignac de la Mothe Fénelon, reconnaissant d’avoir obtenu grâce à lui le titre de précepteur des petits-fils de Louis XIV, écrivit pour lui le traité d’éducation des filles. Cet ouvrage n’était pas destiné à être publié, mais il faut croire que Paul a dû le trouver intéressant, car c’est sur sa demande qu’il fut connu du public. Il faut dire que l’accroche de la première page est tout à fait inédite pour l’époque : 

« Rien n’est plus négligé que l’éducation des filles. La coutume et le caprice des mères y décident souvent de tout : on suppose qu’on doit donner à ce sexe peu d’instruction. L’éducation des garçons passe pour une des principales affaires par rapport au bien public ; et quoiqu’on n’y fasse guère moins de fautes que dans celle des filles, du moins on est persuadé qu’il faut beaucoup de lumières pour y réussir.  

Pour les filles, dit-on, il ne faut pas qu’elles soient savantes, la curiosité les rend vaines et précieuses ; il suffit qu’elles sachent gouverner un jour leurs ménages, et obéir à leurs maris sans raisonner. On ne manque pas de se servir de l’expérience qu’on a de beaucoup de femmes que la science a rendues ridicules : après quoi on se croit en droit d’abandonner aveuglément les filles à la conduite des mères ignorantes et indiscrètes. »

 Fenelon poursuit en constatant que certes, les femmes sont plus fragiles que les hommes, mais c’est justement une bonne raison pour les « fortifier », et que de toute manière, dans un ménage, à la fin,  « les hommes mêmes, qui ont toute l’autorité en public, ne peuvent par leurs délibérations établir aucun bien effectif, si les femmes ne leur aident à l’exécuter. »

Suivent des conseils pour mener à bien sa vie de couple puis de ménage, en étant bien éduquée, instruite et pieuse.

Pour lire le traité entier :https://fr.wikisource.org/wiki/Trait%C3%A9_de_l%E2%80%99%C3%A9ducation_des_filles

 Ce traité n’a été ni écrit par Bossuet, qui n’était pas, mais vraiment pas l’ami de Paul de Beauvilliers, notamment lorsqu’il a œuvré pour faire tomber en disgrâce Fenelon, ni par Saint-Simon, qui était un ami, mais a écrit autre chose.